Sur un plan artistique et visuel, tout était déjà avancé
?
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Il y a des choses sur lesquelles je ne pouvais plus intervenir. Le design,
par exemple, était terminé, à un ou deux détails
près. Mais j'étais tout à fait convaincu de sa valeur.
L'animation aussi était terminée. La seule chose sur laquelle
on a eu des conversations, souvent fortes et passionnantes avec Chris, c'est
sur la lumière, l'étalonnage et le montage enfin, il restait la
partie sonore.
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Vous avez quand même pu vous réapproprier le film ?
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Partout où j'ai pu le faire, je l'ai fait. Dès que j'ai pu donner
mon avis, et participer à des choix déterminants pour l'avenir
du film, je l'ai fait. Car sinon, jamais je n'aurais voulu prendre ce risque
et porter le film jusqu'au bout. Kaena est à la fois un film d'auteur
et de producteur. Mais c'est avant tout une création inouïe. L'ambition
graphique, et plus encore l'audace thématique qui n'hésite pas
à tutoyer la mystique et " la fantasy ", tout cela témoigne
d'une vision qui seule appartient aux grands auteurs. Et dans le métier
de producteur, il faut apprendre à respecter cette intuition. C'est même
l'essence de notre métier. Rentrer dans le film à ce stade ne
m'a donc pas posé de problèmes. Je suis heureux, car j'ai apporté
ce que j'ai pu, que ce soit sur la lumière et sur la bande son, sur le
montage ou sur les voix, et cela correspond très bien à ce que
j'ai envie de faire dans le cinéma. Ce qui m'a aussi fait plaisir, c'est
qu'on a pu très vite construire un dialogue avec Chris et l'équipe,
et je ne crois pas avoir été perçu seulement comme l'hurluberlu
qui met de l'argent dans le système. Je crois beaucoup à la nécessité
de ce dialogue qui fait du producteur le premier interlocuteur du réalisateur.
Et je ne ferais pas ce métier sans cela.
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Comment ça s'est passé avec Chris ? Parce que j'imagine que lui
aussi a dû accuser le coup
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Pour faire un artiste accompli, il faut au moins trois qualités : un
talent qui crève les yeux, une immense ténacité et une
grande faculté d'adaptation. Chris les réunit toutes. Et qui plus
est, il écoute, se montre ouvert et curieux. Ça
ne s'est pas passé du jour au lendemain, car il a fallu que nous nous
apprivoisions, mais après quelques rencontres, il a vite pris la mesure
de notre détermination. Et puis l'équipe qui était déjà
en place au sein de Xilam l'a probablement rassuré sur le fait que nous
avions aussi des artistes, et que nous n'étions pas que des financiers.
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Et pour le futur ? On parle déjà d'une suite à Kaena
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J'ai déjà demandé à Chris de débuter l'écriture
d'une suite. Mais il faudra tout de même attendre que le premier soit
en salles !
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