Quels ont été les moments les plus durs ?
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Ça a été le passage du numérique à l'argentique.
Car les scènes étaient sublimes sur le flame, mais une fois sur
argentique, nous avions l'impression qu'il fallait tout recommencer.
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Et à l'inverse, vos meilleurs souvenirs ?
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La bande-son, et notamment la musique. La composition de Farid était
très belle, mais comme Chaman n'avait pas les moyens, tout était
fait sur synthétiseur. Le résultat était donc très
pauvre, et l'émotion ne décollait pas. Il n'y avait pas d'espace,
pas de souffle
Il a fallu en catastrophe trouver à Londres des
arrangeurs de très haut niveau qui puissent réarranger la musique
pour un orchestre. Puis nous sommes allés à Sofia enregistrer
avec 60 musiciens. Tout le travail sur les effets sonores a été
passionnant, et a permis au film d'évoluer. Progressivement, il trouvait
son identité et sa force. Le son fonctionne un peu comme la troisième
dimension du film, sans laquelle le film reste à plat, privé d'émotions.
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Quel était le challenge pour vous ?
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Ce n'est pas forcément la masse financière, car nous avons l'habitude.
C'était davantage le fossé technico-artistique entre notre expérience
passée et Kaena, qui utilisait une technologie totalement nouvelle pour
nous, et avec des contraintes folles. L'équipe n'avait pas d'autres choix
que de travailler sur des logiciels grand public! Il y a eu très peu
de Recherche et Développement. C'est ça qui était très
important pour nous. Parce que sans ressources en R&D, il n'y a que le talent
et l'imagination qui comptent. Nous avions vu suffisamment de choses pour être
persuadés que le résultat serait fabuleux, mais pourtant, tout
restait à faire en finalisation pour être sûrs d'avoir quelque
chose qui tienne complètement la route. Un des enjeux qui m'excitait
aussi terriblement, c'est que le film s'adressait à un public adolescent
et adulte - une nouveauté à cette échelle - avec des personnages
humanoïdes, mais qui ne tombaient pas dans le réalisme délirant
de Final Fantasy. Si Kaena marche, ce sont des pans entiers de notre industrie
qui peuvent se bâtir sur un genre totalement nouveau. Je pense en plus
que les Français, par rapport à l'Europe et aux Etats-Unis, ont
des choses exceptionnelles à faire valoir. La comédie cartoon,
c'est le royaume américain. Mais sur des univers comme Kaena, les talents
français n'attendent que de sortir du bois.
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