Entretien avec Chris Delaporte (fin)

Il n'y a pas non plus ici de vrais gentils…


Oui, sauf Kaena, qui est gentille parce qu'elle est naïve. C'est peut-être la condition de la gentillesse.


On retrouve dans le film quelques éléments qui ont fait leurs preuves dans les films d'animation. Comme le personnage secondaire comique. Gommi, dans le cas présent. C'était volontaire ou spontané?


Le fait d'avoir des contre-emplois comiques, apporte un peu de légèreté dans le discours. C'est au départ une volonté des producteurs mais je n'en suis pas mécontent. Au début, Gommi et Assad m'emmerdaient. Mais ça marche. Et je suis très content qu'ils y soient aujourd'hui.


Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?


Les premières animations. Ça apporte tellement de vie… Je me suis même dit que j'aurais dû en mettre plus.


Le film regorge de clins d'œils à la science-fiction : Star Wars, Superman… C'est conscient ?


Quand j'étais petit, j'étais fan. Je le suis moins aujourd'hui, car je trouve que c'est trop stéréotypé. Mais ma génération est imprégnée de cette culture. Le plus étonnant, c'est qu'on ne se rend pas compte que l'on puise dans ce patrimoine lorsqu'on écrit. C'est inconscient. En même temps, les questions posées dans Kaena répondent à de vraies inquiétudes humaines. Quant aux références, elles étaient le plus souvent inconscientes elles aussi. Sauf une, Gommi, qui renvoie directement à C3P0. On est d'ailleurs à la limite de l'hommage ! Pour le reste, c'est une influence inhérente à notre culture. Quand on a trente ans aujourd'hui et que l'on fait un film fantastique, il est difficile de rester hermétique à notre passé, et de faire table rase de tout ce qu'on a vu et aimé. Mais pour moi, Kaena est davantage un film fantastique qu'un film de science-fiction.


Dans Kaena, vous revisitez la naissance de l'homme sur la Terre !


Oui ! Thalès, c'est la Terre, et Astria, c'est la Lune. En fait, les villageois sont les premiers terriens. D'ailleurs, je ne m'en suis rendu compte qu'en cours de production. Il y a plein de choses auxquelles on ne pense pas tout de suite, et qui, après, sautent aux yeux. Du coup, j'ai renforcé cet aspect. J'ai même rajouté une séquence à la fin. Mais de manière générale, je trouvais amusante l'idée que les premiers humains soient le fruit de la végétation et d'un ordinateur. Je trouvais marrant d'opposer les Sélénites, qui représentent le côté naturel, spontané, intuitif, et de les mettre en face de la technologie et de l'intelligence Vécariennes.


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