Entretien avec Chris Delaporte (suite)

La direction d'acteur, vous l'avez apprise sur le terrain ?


J'avais l'aide d'un directeur de voix à chaque fois. C'est un luxe qui est propre à l'animation et qui m'a permis de me sentir à l'aise sur cette partie délicate et cruciale de la fabrication du film. Le directeur de voix est chargé de traduire à l'acteur mes intentions de jeu. Il est important d'avoir une vision commune des personnages car la direction se fait à deux. L'expérience de Jean Marc Pannetier et surtout notre bonne entente ont été déterminantes pour arriver à ce résultat...


Comment s'est passé le casting ?


Il a été fait au début de l'automne 2002. Nous avions fait, il y a longtemps, un premier casting ; quand Xilam est arrivé dans la production, on a remis en cause le casting, et on a tout refait, pour arriver à des choix assez différents. Le casting est très réussi.


Qu'a apporté à Kaena la personnalité de Cécile de France, récemment récompensée d'un César du Meilleur espoir féminin ?


De la finesse, de la fragilité, de la sensibilité… Je suis vraiment content, parce que la performance devait être parfaite, elle est le rôle titre !


Comment êtes-vous devenu réalisateur du film ?


Lorsque nous avons commencé Kaena, je ne savais pas exactement ce qu'était le rôle du réalisateur. J'étais auteur et directeur artistique, ce qui me paraissait englober un peu le tout, je pensais naïvement qu'on pouvait faire ça dans la bonne humeur. Finalement, par manque de clarté et de communication, tout a été très confus pendant plusieurs mois. Jusqu'à ce que je comprenne que, si je voulais que ce film reflète ma vision, il fallait que je le réalise -- on ne peut pas diriger 70 personnes sans un minimum de hiérarchie. Il fallait donc que j'endosse ce titre un peu pompeux . Je suis allé voir Denis Friedman, et lui ai demandé à réaliser le film moi-même. Ce qu'il a accepté, à la condition de m'adjoindre un co-réalisateur, en l'occurrence Pascal Pinon.


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